Interview Paypite

Paypite, la cryptomonnaie francophone qui veut disrupter les transferts d’argent entre France et Afrique, tout en favorisant l’inclusion financière 

Après avoir révolutionné le retail avec l’IA, Vincent Jacques s’attaque à une monnaie francophone. Paypite est une cryptomonnaie dont l’adoption s’annonce massive car elle vise tout l’espace francophone et son potentiel est immense.  

Louise Valentina Bautista Gomez du CFC – Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

 Vincent Jacques, Président de Paypite –Je suis Vincent Jacques, j’ai étudié à HEC et Sciences Po et j’ai travaillé pendant deux ans dans le conseil en stratégie. J’ai ensuite créé une première startup dans le retail et l’IA, Planorama, que j’ai dirigé pendant huit ans. Je partage d’ailleurs aujourd’hui les locaux de Paypite avec cette entreprise, dont je suis resté actionnaire.

LVBG du CFC – Comment vous est venue l’idée de Paypite ?

VJ, Paypite –Après le lancement de ma première startup, je m’intéressais toujours aux potentiels des nouvelles technologies, et j’ai découvert la blockchain.

La cryptomonnaie paypite part d’un double constat très simple : dans l’Union Européenne qui comporte pourtant plusieurs langues, il y a l’euro en tant que monnaie unique, alors que dans l’espace francophone, pourtant traversé par une langue et histoire commune, de nombreuses contraintes économiques se transforment en frein commercial du fait de plusieurs devises. J’avais fait auparavant l’expérience avec ma première startup Planorama, de paiements compliqués, longs et coûteux avec des partenaires à Madagascar. Je voulais utiliser la technologie, en l’occurrence la blockchain et une nouvelle cryptomonnaie afin d’apporter une solution à ce problème.

Nous avons lancé en janvier 2018 à la fois une monnaie et tout un écosystème pour Paypite. Les frais sur la blockchain Ethereum étant assez coûteux, nous avons développé notre propre blockchain Paypite, actuellement en cours de test.

Nous avons également lancé une deuxième monnaie virtuelle, toujours sur la blockchain Paypite : le YES, qui lui est une monnaie stable (stable coin) adossée à l’euro. Cette stabilité facilite l’adoption à court terme et permet aux utilisateurs de payer des factures et transférer de l’argent, tout ceci sans risque de volatilité et quasiment sans frais.

LVBG du CFC – Combien de personnes travaillent chez Paypite, et avec quelles compétences ?

VJ, Paypite –Une vingtaine de personnes ont rejoint l’équipe Paypite au cours de l’année 2018. Une partie de l’équipe est située à Paris et une autre à Madagascar (développeurs, KYC, back office). Nous avons également des partenaires au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Le KYC est réalisé en interne (dans notre filiale à Madagascar) et sans passer par un prestataire externe. Les premiers utilisateurs de notre produit sont d’ailleurs nos salariés à Madagascar qui reçoivent leurs salaires par le biais de Paypite.

LVBG du CFC – Quelle est votre domiciliation fiscale ?

VJ, Paypite –Nous avons plusieurs sociétés et deux entités juridiques principales : une association Paypite qui anime le projet et mène des actions sociales et solidaires (en Côte d’Ivoire nous avons lancé une initiative de micro-crédit), ainsi qu’une société privée, et donc commerciale, à la fois en France et à Madagascar.

LVBG du CFC – Quel est votre calendrier ?

VJ, Paypite –Nous consolidons notre plateforme technologique. Nous avons décentralisé le transfert d’argent afin que les personnes revendent les paypites et puissent faire le change eux-mêmes.

Nous avons déjà une communauté de 13 000 membres et nous voulons augmenter les volumes en 2019. Notre principal enjeu est l’adoption en France, Belgique et en Afrique (Madagascar, Cote d’Ivoire, Sénégal essentiellement).

LVBG du CFC – Quels sont les partenaires de Paypite ?

VJ, Paypite –Nous avons principalement des partenaires opérationnels, tel que GM Global Market en Côte d’Ivoire. Nous nous appuyons également sur les réseaux de mobile money, ce qui nous permet par exemple d’avoir un réseau de 6 000 points de retrait à Madagascar. On ne veut pas que notre cryptomonnaie reste une affaire virtuelle uniquement : nous voulons qu’elle soit utilisée dans la vie courante des populations francophones.

Nous avons également une reconnaissance institutionnelle puisque l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) a publié un article sur Paypite dans son dernier rapport sur la francophonie dans le monde. Nous participons à l’accomplissement des objectifs de développement durable fixés par l’ONU car nous favorisons l’inclusion financière et diminuons les coûts de transaction des opérations commerciales.

Il faut savoir que, par exemple, Paypal n’existe pas à Madagascar. Il est donc par exemple impossible de payer des freelancers malgaches avec Paypal. C’est pourquoi des sites comme Upwork, Malt, etc. fonctionnent actuellement peu en Afrique. Chez Paypite, nous allons voir en B2B des entreprises qui ont des salariés en Afrique et veulent les payer en passant par Paypite, ou des entreprises malgaches qui reçoivent des paiements de leurs clients européens.

LVBG du CFC – Quel était votre CA en 2018 ?

VJ, Paypite –Notre CA était d’environ 600 K€.

LVBG du CFC – Quel est votre objectif pour 2019 ?

VJ, Paypite –D’ici décembre 2019, nous avons comme objectif d’atteindre un volume de 1000 transactions par mois.

LVBG du CFC – Quelles sont les mesures de cybersécurité que vous avez mises en place ?

VJ, Paypite –Nous avons une équipe technique à Madagascar qui s’occupe de la sécurité informatique, et notre Directeur Financier à Paris coordonne le respect de la conformité avec la réglementation (KYC, lutte anti-blanchiment).

LVBG du CFC – Quelle est votre ambition dans cinq ans ?

VJ, Paypite –Nous aimerions être présents dans une cinquantaine de pays en Europe et en Afrique, sur une quinzaine de devises, avec une communauté de 1 million de membres. Pour vous donner une idée, Western Union enregistre un volume annuel de 160 milliards de dollars de flux, nos ambitions sont donc tout à fait raisonnables par rapport à la taille du marché.

LVBG du CFC – Envisagez-vous de faire une ICO prochainement ?

VJ, Paypite –Non, début 2018 nous vendions des paypites directement sur la Bourse de paypites, mais à présent nous ne vendons plus de nouvelles paypites sur la Bourse. Il est donc possible d’acheter des paypites sur le marché secondaire (Bourse de paypites).

LVBG du CFC – Vos paypites vont-elles se retrouver sur des exchanges ?

VJ, Paypite –Oui, la paypite est déjà cotée sur notre propre exchange (Bourse de paypites : https://portefeuille.paypite.fr). La paypite y est cotée face à l’Euro, le Franc CFA, l’Ariary, le Bitcoin et l’Ether. Elle est également côté sur quelques autres petits exchanges.

 

Propos recueillis par Louise Valentina Bautista Gomez pour le CFC en mai 2019

Pour plus d’informations sur Paypite :https://paypite.org/

 

 

 

 

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