Interview de Gordon Pace, professeur à l’Université de Malte dans la Blockchain Island.

Découvrez le Centre for Distributed Ledger Technologies qui propose des masters en blockchain !

Gordon Pace est professeur au Centre for Distributed Ledger Technologies à l’Université de Malte. Nous l’avons rencontré en novembre dernier au Malta Blockchain Summit et il a accepté de répondre à quelques questions, interview :

LVBG – Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

GP – Je suis professeur à l’Université de Malte. Mon parcours est essentiellement marqué par la computer science, avec des recherches spécifiquement orientées vers les techniques pour soutenir la vérification de systèmes software et hardware. Pendant les cinq dernières années, mes recherches concernaient les techniques existantes qui pouvaient être adaptées à vérifier des systèmes basés sur la blockchain – pour la plupart au niveau des smart contracts. Malgré leur faible complexité relative (en comparaison aux systèmes traditionnels qui tendent à être plus larges), le fait qu’ils manipulent des crypto-actifs et des cryptomonnaies en font des systèmes critiques qui requièrent un haut degré de confiance. Le développement des techniques et l’outil de vérification qui permet l’analyse automatisée des smart contract est ainsi devenu le focus de ma recherche. 

En parallèle de mon travail académique, j’ai également été très actif au niveau national. Depuis quelques années, je promeus activement l’industrie blockchain au sein de la juridiction maltaise. J’ai été impliqué dans la rédaction de la législation actuelle, participant au lancement de la stratégie nationale en la matière, et de son implémentation.  

LVBG – Pouvez-vous nous présenter le Centre for Distributed Ledger Technologies de l’Université de Malte ?

GP – Le Centre for Distributed Ledger Technologies (DLT) a été lancé à l’Université de Malte il y a quasiment deux ans comme une manière de se spécialiser dans la blockchain en fédérant le savoir de plusieurs disciplines académiques. Bien que beaucoup de travail avait déjà été fait du point de vue de la recherche et de l’enseignement dans notre université, ce qu’il manquait était une infrastructure pour encourager et centraliser le travail de recherche multidisciplinaire, en y apportant les aspects amenés par le droit, l’ICT (Information & Communication Technnology), le commerce, la finance et l’économie. Le premier principal projet du Centre pour les DLTs était le lancement de nouveaux programmes de Masters spécialisés en DLT, visant à fournir aux étudiants et aux professionnels un approfondissement de leur expertise, mais aussi leur apporter des connaissances dans des disciplines périphériques. Nous considérons fortement que la blockchain et plusieurs autres technologies, doivent faire l’objet d’une compréhension holistique : un savoir hybride entre des connaissances approfondies dans son cœur de métier, supplanté par des clés de compréhension périphériques. 

LVBG – Les masters en Blockchain et Distributed Ledger Technologies couvrent  l’ICT, le droit ou la finance. Pourquoi choisir ces trois différentes disciplines académiques en particulier? 

GP – La blockchain est, par essence, un champ multidisciplinaire. Comprendre la technologie derrière requiert tout de même un savoir juridique des textes la régulant qui, nous le voyons dans le monde entier, requiert un degré de connaissance en finance et en économie lorsque l’on parle d’économie basée sur des tokens, et vice-versa.  Pour illustrer cela, il suffit de mentionner le long débat qu’il existe entre contrats légaux et smart contracts. Beaucoup comprennent très bien la technologie, mais pas la législation afférente, ou connaissent l’approche juridique mais n’ont pas de vernis technique, et ne savent donc pas ce qu’est réellement un smart contract et comment il fonctionne etc. Nous pensons vraiment qu’avoir des notions de tous ces savoirs vous donne une légitimité dans le domaine de la blockchain. Cela ne signifie pas que l’expertise sur une de ces disciplines n’est pas tout aussi importante. 

D’ailleurs, notre programme est construit de telle manière que chaque étudiant a des enseignements dans sa discipline, et d’autres dans d’autres matières fondamentales. Par exemple, un étudiant avec un background en business ou finance aura un cours avancé en Tokenomics, mais aussi des cours fondamentaux dans le droit des DLTs et des cours de programmation de smart contracts. 

Au diplôme, les étudiants n’auront pas seulement obtenu un savoir solide dans leur champ académique, mais ils disposeront également de compétences pour pouvoir communiquer de façon efficiente avec les professionnels d’autres branches du même secteur.  

LVBG – Le Centre propose des masters, avez-vous également une école doctorale ?

GP – Nous sommes actuellement en train de travailler particulièrement sur l’aspect multidisciplinaire du Centre, et par conséquent nous mettons l’accent sur nos programmes de niveau master.  Aujourd’hui, pour ceux qui voudraient continuer en doctorat après nos masters, nous les dirigeons vers la Faculté de la discipline où la recherche devrait être menée. Cependant, si la thèse avait un aspect multidisciplinaire, le Centre peut continuer à jouer un rôle important pour identifier les domaines secondaires dans lesquelles les recherches devront être menées.  

LVBG – Avez-vous des partenariats avec des entreprises? Si oui, avec lesquelles?
 

GP – Travailler avec des industries partenaires a été une priorité dès la création du Centre. Nous collaborons activement avec plusieurs entreprises pour lesquelles nous endossons un rôle de partenaire académique. Notre partenariat se construit sur des projets de recherche, et sur les placements d’étudiants à la sortie de leur master. Les leaders de ces entreprises interviennent dans les cours de nos masters, des bourses émanant de ces partenaires privés bénéficient également aux étudiants etc. Je peux citer quelques-uns de nos partenaires : IBM, Binance, IOHK, Cardano, Tendermint, Cosmos, Learning Machine, ConsenSys, Ton Labs, PwC, EY, Ganado Advocates, GTG Advocates, Blockchain Advisory (BCA), Grant Thornton, KPMG, entre autres.

LVBG – Ce nouveau Centre est-t-il uniquement adressé aux étudiants maltais, ou les étrangers y sont également admis ? Les candidatures françaises sont-elles bienvenues ? Les étudiants étrangers sont-ils éligibles aux bourses ?

GP – Nos masters sont reconnus internationalement, nos étudiants sont maltais et étrangers, et les étudiants français sont plus que bienvenus ! L’ouverture de la candidature pour l’attribution des bourses aura bientôt lieu. Les conditions seront fixées prochainement, mais a priori tous les étudiants européens devraient y être éligibles. Les informations seront toutes bientôt publiées sur la page Facebook du Centre https://www.facebook.com/um.cdlt 

Propos recueillis et traduits par Louise Valentina Bautista Gomez (LVBG) – Février 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *