Interview de Margaux Loizon, doctorante en droit de la blockchain

La chercheuse s’intéresse aux impacts potentiels de la blockchain pour le notariat et a accepté de répondre à quelques questions pour le CFC.

LVBG – Qui êtes-vous, quel est votre parcours ? 

ML – Je m’appelle Margaux Loizon, je suis actuellement doctorante en droit. J’ai donc un parcours juridique, après avoir débuté mes études à l’Université d’Avignon, j’ai fait un Master 2 à Montpellier en droit des affaires, le master « droit privé économique » sous la direction du professeur Daniel Mainguy. J’ai ensuite choisi de continuer mes études à travers la réalisation d’une thèse sur le thème de la Blockchain et du notariat. 

LVBG – Comment avez-vous entendu parler de la blockchain pour la première fois ? 

ML – J’ai entendu parler de la blockchain assez tardivement, durant mon Master 2, par mon Professeur Daniel Mainguy qui s’intéresse beaucoup aux nouvelles technologies et leur relation avec le droit. C’est ce qui m’a donné envie de réaliser ma thèse dans ce domaine.

LVBG – Pitchez nous votre sujet de thèse !

ML – Au sein de ma thèse j’étudie l’impact que peut avoir la blockchain sur le monde du notariat. Dans un premier temps il est question de savoir si la blockchain, une technologie anti étatique prônant la désintermédiation ne va pas menacer le rôle du notaire et au-delà menacer le principe même d’authenticité. Mais en réalité loin d’être une menace, cette technologie peut se révéler être une réelle opportunité pour cette profession en renforçant la sécurité et en facilitant les échanges. 

LVBG – Quels sont vos partenaires dans votre projet de thèse ? 

ML – Je réalise ma thèse sous un dispositif particulier appelé thèse « CIFRE » qui met en relation trois acteurs : un doctorant, une université (représenté par les directeurs de thèse) et une entreprise. Mes directeurs de thèse, tous deux enseignants à l’Université de Montpellier, sont le professeur Daniel Mainguy et M. Jean-Louis Respaud, maître de conférence. Parallèlement je suis embauchée par l’entreprise GENAPI, éditeur de logiciels pour notaires, une legaltech à la pointe de l’innovation et intéressée par l’intégration de nouvelles technologies comme la Blockchain au service des notaires.

LVBG – Quelle est la plus grande découverte que vous ayez faite au cours de vos recherches jusqu’à aujourd’hui ? 

ML – Il s’agit surement de l’alliance entre la blockchain et l’intelligence artificielle notamment au service des machines autonomes et objets connectés. Grâce à la combinaison de l’IA et des smarts contracts (protocole d’automatisation fonctionnant sur la blockchain), une voiture autonome pourrait se ravitailler elle-même en essence grâce à des dons de cryptomonnaies. La blockchain permettrait donc grâce à son caractère distribué, aux machines d’atteindre un niveau d’autonomie beaucoup plus poussé. La Blockchain pourrait également créer de la confiance et sécuriser l’IA. En effet les données et donc la prise de décision de l’IA seraient moins susceptibles de piratage.

LVBG – Une chose que vous avez apprise au cours de vos recherches et que vous voudriez vulgariser auprès du grand public sous forme de message. 

ML – Le smart contract est un procédé très intéressant, contrairement à ce que son nom indique, il ne s’agit ni de contrats ni d’intelligence, mais seulement d’un protocole fonctionnant sur la blockchain permettant d’automatiser certaines clauses d’un contrat. Pour donner un exemple concret, la serrure d’un appartement en location saisonnière pourrait être automatiquement débloquée lors du paiement du prix par l’utilisateur. Ce principe d’automatisation peut ainsi s’étendre à de nombreux autres domaines. 

LVBG – Un conseil que vous voudriez donner à un étudiant qui souhaite s’engager dans une thèse comportant la blockchain dans le sujet. 

ML – Déjà, je trouve que c’est un choix très intéressant parce que c’est un sujet passionnant et très enrichissant. Le conseil que je pourrais donner serait de s’intéresser aux autres usages de la technologie au-delà des seules crytpomonnaies. Même si c’est très intéressant, je pense que le réel avenir de la blockchain se trouve dans ses autres fonctions que sont l’horodatage et surtout les smart contracts qui sont amenés à s’appliquer dans de nombreux domaines (santé, alimentaire, juridique, artistique…).  

La question CFC – inside : 

LVBG – Avez-vous personnellement des cryptomonnaies ? Si oui, laquelle ? 

ML – Malheureusement non, mais j’envisage de m’y intéresser plus sérieusement, parce qu’on ne peut pas travailler sur un sujet sans le pratiquer réellement. Mais si je devais en posséder je pense que je commencerai par acquérir des bitcoins, sans trop d’originalité. J’envisage également de m’initier au codage pour avoir certaines notions, pour ma thèse mais également pour mon intérêt personnel. 

Propos recueillis en février 2020 par Louise Valentina Bautista Gomez

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